Milieu de nuit.
Je gémis de douleur.
Complètement désorientée.
Je ne parviens pas à ouvrir les yeux.
Lourdement endormie.
Saisie, brusquée, j'entrevois la lueur des lampadaires qui plane dans la chambre.
Murs blancs, meubles blanc, vague souvenir de l'île de Santorin...
Confusion.
Morphée me lâche.
Des repères surgissent :
Tes vêtements, déposés délicatement sur le fauteuil capitonné.
Le rouge, celui près du miroir.
Notre favori.
Ton chapeau, aussi.
Mes vêtements, lancés pêle-mêle sur le sol.
Puis ça recommence, cette sensation.
Mes cheveux.
Ma tête.
Mon visage.
Par ta poigne, c'est tout mon corps que tu agrippes, que tu renverses vers l'arrière,
Que tu attires vers toi.
Toi.
Toi et ma longue crinière rousse...
Tu y plonges tes doigts délicats.
Tu t’y cramponnes d’une main de fer.
Tu m’entraînes vers toi, lentement, surement.
Plus près,
Plus près,
Toujours plus près.
Cette douleur qui me prend, au complet.
Toujours plus grande.
Envahissante.
Plus près.
Insistante.
Plus près.
Je sens ton souffle sur ma peau, sur mon visage.
Frôlement de tes lèvres roses...
Puis je m'empourpre,
Dos arqué.
Gorge déployée.
Je suis moite,
Crispée,
Excitée,
Mouillée.
Je tends l’oreille.
Je tais mes gémissements.
Un silence.
Long silence.
Tu murmures;
« J’adore t’entendre. J’ai faim. Je veux une pomme grenade. Va. »

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire