Les lumières du soir illuminent les rues de la Grande Ville depuis un bon moment déjà. Les rues sont pratiquement désertes à cette heure tardive. Les seuls regards croisés en chemin semblent savoir exactement tout ce qui se trame en moi, ce qui monte en moi, à mesure que mes pas me rapprochent de notre rendez-vous.
Je suis vêtue exactement comme tu le voulais lors de notre dernière rencontre. J’ai même pris soin de nouer mon abondante chevelure rousse avec ce fameux foulard noir, toujours à ta demande. Je me suis contenté d’obéir, docile. La cadence de mes pas accélère et je me rends compte que je deviens de plus en plus nerveuse. D’où je suis, je commence à percevoir cette odeur, miel sucré. J’adore cette odeur. Elle me fait penser à toi.
D’un pas sur, de plus en plus excitée par le déroulement imminent de ce scénario élaboré par toi, j’entre dans le parc, sous tes ordres, près de la grande statue de la Vierge Marie. En m’approchant de notre banc, je me surprends à fixer des yeux le serpent qui s’enroule sournoisement aux pieds de l’immaculé monument. Du coup, un frisson d’une force incroyable me parcoure le corps, depuis l’échine, par mes épaules, jusqu’à mon sexe.
Mon sexe est prêt. À ta demande, avant de quitter la maison, je l’ai caressé, flatté, massé par trois fois, sans jamais me rendre jusqu’au bout, stoppant mon élan juste avant d’atteindre l’irréversible basculement vers mon plaisir. Frustrée par cette manipulation de ta part, je ressens un vide, une insatisfaction merdique qui me rend résolument impatiente. Je détache mon regard du reptile, puis, songeant à sa forme plutôt suggestive je prends délicatement place sur le banc, au centre, encore une fois sous tes ordres. Puis ça y est. Je t’attends. Je t’attends, toi.
Il règne un calme impressionnant, enveloppant. Le fond de l’air est chaud, dense, chargé d’humidité. L’atmosphère est ma foi, très torride. J’ai de la difficulté à rester en place. Des pincements commencent à jouer dans mon ventre. Ça fait mal, ça tire. Je porte mes doigts à la commissure de mes lèvres et j’arrive à sentir encore très présente l’odeur si douce du jus de mon sexe. Puis ça me prend. D’un coup. Les tremblements. N’y pouvant rien et étant prise d’un envie folle de calmer le feu qui fait rage dans mon bas ventre, je laisse ma main droite rejoindre mon entre-jambe, par-dessus mes vêtements. Je referme chacun de mes doigts le plus fort possible et mon cœur bat de plus en plus rapidement à mesure que je constate a quel point je suis fébrile, excitée, sensible. Mon sexe est chaud, humide. Je sens sa charge érotique transpercer ma main. L’odeur de ma main, même par-dessus mes vêtements, enivrante à l’excès. Je n’en peux presque plus…
Avec deux de mes doigts, je commence à exercer une pression, en alternance. Un après l’autre. Comme si je suivais le rythme d’un métronome dictateur. Je me sens très femme, féline, sexy, ainsi offerte a qui voudrait bien de moi. Les yeux clos, je continue avec mes doigts en accélérant un peu, encore un peu. Puis je sursaute. J’arrête tout, figée, tétanisée.
Je sais que tu es là, derrière moi. Je ne peux plus faire aucun mouvement. Mes membres ne répondent plus. Mon cœur bat extrêmement fort, des battements sourds, amplifiés. C’est si fort… Mon cœur bat dans mon sexe. J’ai le souffle court. De brèves respirations, saccadées, rapides. Je te sens derrière moi qui approche lentement, très lentement. Je n’ouvre pas les yeux. Tes mains sont près de mon cou. J’arrive à sentir la chaleur qui émane de ton corps, de ta peau. Tes mains sont toujours là, immobiles. Gorgée de plaisir, je n’en peux presque plus…
Juste au moment où je recommence à faire danser mes doigts, tu poses tes mains sur moi. Tu enveloppes mon cou de la droite, puis de la gauche. Je serre les épaules. Je serre les épaules, penche la tête, ouvre la bouche, me mords la lèvre inférieure en une série de gestes totalement incontrôlables. La totalité de mes muscles se contracte sous le contact de tes doigts qui se promènent partout sur ma nuque, mon cou, ma gorge déployée. J’ouvre presque les yeux en tentant de me retourner, mais tu m’en empêches, fermement. Comme pour me calmer tu poses maintenant tes mains sur mes épaules. Tu les enveloppes de tes paumes. Je tremble de partout. Tu entreprends donc de retirer mon foulard noir. Je me laisse faire. Mes épaules se serrent à nouveau lorsque je sens le sombre tissu glisser sur mon visage. Je suis prise de spasmes répétés, la main toujours fermée sur mon sexe. Je suis tellement excitée…
Tu noues les deux extrémités du foulard derrière ma tête. Devenue aveugle, je t’entends. J’entends ton souffle, profond. Je suis excitée davantage. Le désir. Un désir fou monte en moi. Monte tellement rapidement. Tu es là, juste derrière moi, debout. Je sens ce que tu projettes; un flux sensuel, sexuel, génital. Je brûle, tu brûles, nous brûlons. Nos sexes brûlent, bouillent de désir, paroxysme aigu pointu à l’infini. Devenus entités, ils implorent l’explosion. Ils demandent à jouir, nous implorent. Ils exigent de jouir, ils mouillent, ils gonflent, trempent.
Puis, je comprends. Tout s’éclaire. Je te sens alors t’éloigner, un peu, pas très loin. Je sais que tu ne me quittes pas des yeux et que tu prends place sur le banc en face de moi. Je sais que tu me regardes, bourreau de mes tripes attentif à tout ce qui va maintenant se passer, pour toi.
Le regard toujours voilé par mon foulard noir, j’inspire profondément et retire un pan du paréo que tu souhaitais me voir porter. J’écarte mes jambes légèrement, intimidée par ta prestance. Affamée, je laisse ma main gauche caresser mes cuisses. Intérieur, extérieur, en m’approchant de mon poil, de mon sexe. Ma main droite parcoure mon ventre, ma poitrine, mon cou. Puis ma poitrine, mes seins, pince mes mamelons sous mes vêtements. Je suis gracieuse, lascive, de plus en plus délurée. Je suis une chatte, la tienne.
Puis j’y vais. Je plonge. De ma main gauche j’attrape mon genou, le remonte vers mon visage, puis pose le pied sur le banc. J’écarte ma jambe droite le plus possible et laisse ma main la plus agile entreprendre une série de caresses directes, franches, très précises à l’égard de mon bourgeon. Je le titille, je le serre entre mes doigts, je le martèle de petits coups, je le flatte, le frotte. Je sens sa taille décuplée. Il enfle…
J’ai envie de jouir. J’ai envie de jouir comme jamais et je sais que tu le sais. Je sais que tu vas jouir aussi. Je le sens. Je t’entends. Tes gémissements se mélangent aux miens. Je suis mouillée, tellement mouillée. Le va-et-vient de mes doigts, celui de ma main qui entre jusqu’au fond chaud de ma chatte, puis ressort aussitôt, c’est si bon! Mon sexe emprisonne ma main. Je suis serrée, si serrée. Je veux jouir…!
Je te veux en moi. Je t’imagine me prendre, ton bassin heurtant le mien dans une cadence effrénée. Je te sens me remplir. C’est savoureux. L’extase. La totale. Je me fais jouir. Je me fais. Je me tape. Je me mets. De gémissements en cris, de plaisirs en jouissances, je jouis. Un orgasme puissant s’empare de moi, fulgurant. Géant, énorme. Je jouis.
…puis je mouille, j’inonde. Mon nectar coule, se déverse. Je sens mon jus couler en filets sur mes jambes, sur mes chevilles, jusqu’à mes pieds nus. Sur le banc aussi. Un banc recouvert de miel. Puis l’odeur, le musc sucré de ma chatte monte vers le ciel, se répand.

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